Charles Maurras:
<>, or il n'y avait pas alors, de _diner du Bon
Bock_ ou nous allassions, Valade, Merat, Silvestre, quelques autres
Parnassiens [et] moi, ni par consequent Rimbaud avec nous, mais bien un
diner mensuel des _Vilains Bonshommes_ [note illisible], fonde avant la
guerre et qu'avaient honore quelquefois Theodore de Banville et, de la
part de Sainte-Beuve, le secretaire de celui-ci, M.
<
Bock_ ou nous allassions, Valade, Merat, Silvestre, quelques autres
Parnassiens [et] moi, ni par consequent Rimbaud avec nous, mais bien un
diner mensuel des _Vilains Bonshommes_ [note illisible], fonde avant la
guerre et qu'avaient honore quelquefois Theodore de Banville et, de la
part de Sainte-Beuve, le secretaire de celui-ci, M.
Rimbaud - Poesie Completes
volees!
pour tout et mieux dire, dans
les tiroirs fermes d'un absent, voici _le livre des poesies completes
d'Arthur Rimbaud_, avec ses additions inutiles a mon avis et ses
deplorables mutilations irreparables a jamais, il faut le craindre.
Justice est donc faite, et bonne et complete, car en outre du present
fragment de l'[illisible], il y a eu des reproductions par la Presse et
la Librairie des choses en prose si inappreciables, peut-etre meme si
superieures aux vers, dont quelques-uns pourtant incomparables, que je
sache!
Ici, avant de proceder plus avant, dans ce tres serieux et tres sincere
et penible et douloureux travail, il me sied et me plait de remercier
mes amis Dujardin et Kahn, Feneon, et ce trop meconnu, trop modeste
Anatole Baju, de leur intervention en un cas si beau, mais a l'epoque
periculeux, je vous l'assure, car je ne le sais que trop.
Kahn et Dujardin disposaient neanmoins de revues jeunes et d'aspect
presque imposant, un peu d'outre-Rhin et parfois, pour ainsi dire,
pedantesques; depuis il y a eu encore du plomb dans l'aile de ces
periodiques changes de direction--et Baju, naif, eut aussi son
influence, vraiment.
Tous trois firent leur devoir en faveur de mes efforts pour Rimbaud,
Baju avec le tort, peut-etre inconscient, de publier, a l'appui de la
bonne these, des gloses farceuses de gens de talent et surtout d'esprit
qui auraient mieux fait certainement de travailler pour leur compte, qui
en valait, je le leur dis en toute sincerite,
La peine assurement!
Mais un devoir sacre m'incombe, en dehors de toute diversion meme
quasiment necessaire, vite. C'est de rectifier des faits d'abord--et
ensuite d'elucider un peu la disposition, a mon sens, mal litteraire,
mais concue dans un but tellement respectable! du present volume des
_Poesies completes d'Arthur Rimbaud. _
On a tout dit, en une preface abominable que la Justice a chatiee,
d'ailleurs par la saisie, sur la requete d'un galant homme de qui la
signature avait ete escroquee, M. Rodolphe Darzens, on a dit tout le
mauvais sur Rimbaud, homme et poete.
Ce mauvais-la, il faut malheureusement, mais carrement, l'amalgamer avec
celui qu'a ecrit, pense sans nul doute, un homme de talent dans un
journal d'irreprochable tenue. Je veux parler de M. Charles Maurras et
en appeler de lui a lui mieux informe.
Je lis, par exemple, ceci de lui, M.
Charles Maurras:
<>, or il n'y avait pas alors, de _diner du Bon
Bock_ ou nous allassions, Valade, Merat, Silvestre, quelques autres
Parnassiens [et] moi, ni par consequent Rimbaud avec nous, mais bien un
diner mensuel des _Vilains Bonshommes_ [note illisible], fonde avant la
guerre et qu'avaient honore quelquefois Theodore de Banville et, de la
part de Sainte-Beuve, le secretaire de celui-ci, M.
Jules Troubat.
Au
moment dont il est question, fin 1871, nos <<assises>> se tenaient au
premier etage d'un marchand de vins etabli au coin de la rue Bonaparte
et de la place Saint-Sulpice, vis-a-vis d'un libraire d'occasion (rue
Bonaparte) et (rue du Vieux-Colombier) d'un negociant [en] objets
religieux. <<Au diner du Bon Bock, dit donc M. Maurras, ses reparties (a
Rimbaud) causaient de grands scandales. Ernest d'Hervilly le rappelait
en vain a la raison. CARJAT LE MIT A LA PORTE. Rimbaud attendit
_patiemment_ a la porte et Carjat recut a la sortie un <<bon>> (je retiens
<<bon>>) coup de canne a epee DANS LE VENTRE. >>
Je n'ai pas a invoquer le temoignage de d'Hervilly qui est un cher poete
et un cher ami, parce qu'il n'a jamais ete plus l'auteur d'une
intervention absurdement inutile que l'objet d'une insulte ignoble
publiee sans la plus simple pudeur, non plus que sans la moindre
conscience du faux ou du vrai dans la preface de l'edition Genonceaux;
ni celui de M. Carjat lui-meme, par trop juge et partie, ni celui des
encore assez nombreux survivants d'une scene assurement peu glorieuse
pour Rimbaud, mais demesurement grossie et denaturee jusqu'a la plus
complete calomnie.
Voici donc un recit succinct, mais vrai jusque dans le moindre detail,
du <<drame>> en question: ce soir-la, aux _Vilains Bonshommes_, on avait
lu beaucoup de vers apres le dessert et le cafe. Beaucoup de vers, meme
a la fin d'un diner (plutot modeste), ce n'est pas toujours des moins
fatigants, particulierement quand ils sont un peu bien declamatoires
comme ceux dont _vraiment_ il s'agissait (et non du bon poete Jean
Aicard). Ces vers etaient d'un monsieur qui faisait beaucoup de sonnets
a l'epoque et de qui le nom m'echappe.
Et, sur le debut suivant, apres passablement d'autres choses d'autres
gens:
_On dirait des soldats d'Agrippa d'Aubigne
Alignes au cordeau par Philibert Delorme. . .
les tiroirs fermes d'un absent, voici _le livre des poesies completes
d'Arthur Rimbaud_, avec ses additions inutiles a mon avis et ses
deplorables mutilations irreparables a jamais, il faut le craindre.
Justice est donc faite, et bonne et complete, car en outre du present
fragment de l'[illisible], il y a eu des reproductions par la Presse et
la Librairie des choses en prose si inappreciables, peut-etre meme si
superieures aux vers, dont quelques-uns pourtant incomparables, que je
sache!
Ici, avant de proceder plus avant, dans ce tres serieux et tres sincere
et penible et douloureux travail, il me sied et me plait de remercier
mes amis Dujardin et Kahn, Feneon, et ce trop meconnu, trop modeste
Anatole Baju, de leur intervention en un cas si beau, mais a l'epoque
periculeux, je vous l'assure, car je ne le sais que trop.
Kahn et Dujardin disposaient neanmoins de revues jeunes et d'aspect
presque imposant, un peu d'outre-Rhin et parfois, pour ainsi dire,
pedantesques; depuis il y a eu encore du plomb dans l'aile de ces
periodiques changes de direction--et Baju, naif, eut aussi son
influence, vraiment.
Tous trois firent leur devoir en faveur de mes efforts pour Rimbaud,
Baju avec le tort, peut-etre inconscient, de publier, a l'appui de la
bonne these, des gloses farceuses de gens de talent et surtout d'esprit
qui auraient mieux fait certainement de travailler pour leur compte, qui
en valait, je le leur dis en toute sincerite,
La peine assurement!
Mais un devoir sacre m'incombe, en dehors de toute diversion meme
quasiment necessaire, vite. C'est de rectifier des faits d'abord--et
ensuite d'elucider un peu la disposition, a mon sens, mal litteraire,
mais concue dans un but tellement respectable! du present volume des
_Poesies completes d'Arthur Rimbaud. _
On a tout dit, en une preface abominable que la Justice a chatiee,
d'ailleurs par la saisie, sur la requete d'un galant homme de qui la
signature avait ete escroquee, M. Rodolphe Darzens, on a dit tout le
mauvais sur Rimbaud, homme et poete.
Ce mauvais-la, il faut malheureusement, mais carrement, l'amalgamer avec
celui qu'a ecrit, pense sans nul doute, un homme de talent dans un
journal d'irreprochable tenue. Je veux parler de M. Charles Maurras et
en appeler de lui a lui mieux informe.
Je lis, par exemple, ceci de lui, M.
Charles Maurras:
<
Bock_ ou nous allassions, Valade, Merat, Silvestre, quelques autres
Parnassiens [et] moi, ni par consequent Rimbaud avec nous, mais bien un
diner mensuel des _Vilains Bonshommes_ [note illisible], fonde avant la
guerre et qu'avaient honore quelquefois Theodore de Banville et, de la
part de Sainte-Beuve, le secretaire de celui-ci, M.
moment dont il est question, fin 1871, nos <<assises>> se tenaient au
premier etage d'un marchand de vins etabli au coin de la rue Bonaparte
et de la place Saint-Sulpice, vis-a-vis d'un libraire d'occasion (rue
Bonaparte) et (rue du Vieux-Colombier) d'un negociant [en] objets
religieux. <<Au diner du Bon Bock, dit donc M. Maurras, ses reparties (a
Rimbaud) causaient de grands scandales. Ernest d'Hervilly le rappelait
en vain a la raison. CARJAT LE MIT A LA PORTE. Rimbaud attendit
_patiemment_ a la porte et Carjat recut a la sortie un <<bon>> (je retiens
<<bon>>) coup de canne a epee DANS LE VENTRE. >>
Je n'ai pas a invoquer le temoignage de d'Hervilly qui est un cher poete
et un cher ami, parce qu'il n'a jamais ete plus l'auteur d'une
intervention absurdement inutile que l'objet d'une insulte ignoble
publiee sans la plus simple pudeur, non plus que sans la moindre
conscience du faux ou du vrai dans la preface de l'edition Genonceaux;
ni celui de M. Carjat lui-meme, par trop juge et partie, ni celui des
encore assez nombreux survivants d'une scene assurement peu glorieuse
pour Rimbaud, mais demesurement grossie et denaturee jusqu'a la plus
complete calomnie.
Voici donc un recit succinct, mais vrai jusque dans le moindre detail,
du <<drame>> en question: ce soir-la, aux _Vilains Bonshommes_, on avait
lu beaucoup de vers apres le dessert et le cafe. Beaucoup de vers, meme
a la fin d'un diner (plutot modeste), ce n'est pas toujours des moins
fatigants, particulierement quand ils sont un peu bien declamatoires
comme ceux dont _vraiment_ il s'agissait (et non du bon poete Jean
Aicard). Ces vers etaient d'un monsieur qui faisait beaucoup de sonnets
a l'epoque et de qui le nom m'echappe.
Et, sur le debut suivant, apres passablement d'autres choses d'autres
gens:
_On dirait des soldats d'Agrippa d'Aubigne
Alignes au cordeau par Philibert Delorme. . .