Devant la splendide etendue ou l'on sente
Souffler la ville enormement florissante!
Souffler la ville enormement florissante!
Rimbaud - Poesie Completes
ni l'une
Ni l'autre fleur; ni la jaune qui m'importune,
La; ni la bleue, amis, a l'eau couleur de cendre.
Ah! la poudre des saules qu'une aile secoue!
Les roses des roseaux des longtemps devorees! . . .
Mon canot toujours fixe; et sa chaine tiree
Au fond de cet oeil d'eau sans bords--a quelle boue?
Est-elle almee? . . . aux premieres heures bleues
Se detruira-t-elle comme les fleurs feues. . .
Devant la splendide etendue ou l'on sente
Souffler la ville enormement florissante!
C'est trop beau! c'est trop beau! mais c'est necessaire
--Pour la Pecheuse et la chanson du corsaire,
Et aussi puisque les derniers masques crurent
Encore aux fetes de nuit sur la mer pure!
Juillet 1872
FETES DE LA FAIM
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton ane.
Si j'ai du gout, ce n'est gueres
Que pour la terre et les pierres
Dinn! dinn! dinn! dinn! Mangeons l'air,
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pre des sons!
Attirez le gai venin
Des liserons;
Mangez les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'eglises,
Les galets, fils des deluges,
Pains couches aux vallees grises!
Des faims, c'est les bouts d'air noir;
L'azur sonneur;
--C'est l'estomac qui me tire,
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles:
Je vais aux chairs de fruit blettes,
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne!
Ni l'autre fleur; ni la jaune qui m'importune,
La; ni la bleue, amis, a l'eau couleur de cendre.
Ah! la poudre des saules qu'une aile secoue!
Les roses des roseaux des longtemps devorees! . . .
Mon canot toujours fixe; et sa chaine tiree
Au fond de cet oeil d'eau sans bords--a quelle boue?
Est-elle almee? . . . aux premieres heures bleues
Se detruira-t-elle comme les fleurs feues. . .
Devant la splendide etendue ou l'on sente
Souffler la ville enormement florissante!
C'est trop beau! c'est trop beau! mais c'est necessaire
--Pour la Pecheuse et la chanson du corsaire,
Et aussi puisque les derniers masques crurent
Encore aux fetes de nuit sur la mer pure!
Juillet 1872
FETES DE LA FAIM
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton ane.
Si j'ai du gout, ce n'est gueres
Que pour la terre et les pierres
Dinn! dinn! dinn! dinn! Mangeons l'air,
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pre des sons!
Attirez le gai venin
Des liserons;
Mangez les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'eglises,
Les galets, fils des deluges,
Pains couches aux vallees grises!
Des faims, c'est les bouts d'air noir;
L'azur sonneur;
--C'est l'estomac qui me tire,
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles:
Je vais aux chairs de fruit blettes,
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne!