Mangeons
l'air,
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Rimbaud - Poesie Completes
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aux premieres heures bleues
Se detruira-t-elle comme les fleurs feues. . .
Devant la splendide etendue ou l'on sente
Souffler la ville enormement florissante!
C'est trop beau! c'est trop beau! mais c'est necessaire
--Pour la Pecheuse et la chanson du corsaire,
Et aussi puisque les derniers masques crurent
Encore aux fetes de nuit sur la mer pure!
Juillet 1872
FETES DE LA FAIM
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton ane.
Si j'ai du gout, ce n'est gueres
Que pour la terre et les pierres
Dinn! dinn! dinn! dinn!
Mangeons l'air,
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pre des sons!
Attirez le gai venin
Des liserons;
Mangez les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'eglises,
Les galets, fils des deluges,
Pains couches aux vallees grises!
Des faims, c'est les bouts d'air noir;
L'azur sonneur;
--C'est l'estomac qui me tire,
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles:
Je vais aux chairs de fruit blettes,
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne!
Fuis sur ton ane.
Aout 1872.
PROSE
I
FLAIRY
Pour Helene se conjurerent les seves ornementales dans les ombres
vierges et les clartes impassibles dans le silence astral. L'ardeur de
l'ete fut confiee a des oiseaux muets et l'indolence requise a une
barque de deuils sans prix par des anses d'amours morts et de parfums
affaisses.
Apres le moment de l'air des bucheronnes a la rumeur du torrent sous la
ruine des bois, de la sonnerie des bestiaux a l'echo des vals, et des
cris des steppes.
Pour l'enfance d'Helene frissonnerent les fourres et les ombres, et le
sein des pauvres, et les legendes du ciel.
Et ses yeux et sa danse superieurs encore aux eclats precieux, aux
influences froides, au plaisir du decor et de l'heure uniques.
II
GUERRE
Enfant, certains ciels ont affine mon optique, tous les caracteres
nuancerent ma physionomie. Les phenomenes s'emurent.
Se detruira-t-elle comme les fleurs feues. . .
Devant la splendide etendue ou l'on sente
Souffler la ville enormement florissante!
C'est trop beau! c'est trop beau! mais c'est necessaire
--Pour la Pecheuse et la chanson du corsaire,
Et aussi puisque les derniers masques crurent
Encore aux fetes de nuit sur la mer pure!
Juillet 1872
FETES DE LA FAIM
Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton ane.
Si j'ai du gout, ce n'est gueres
Que pour la terre et les pierres
Dinn! dinn! dinn! dinn!
Mangeons l'air,
Le roc, les terres, le fer,
Charbons.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pre des sons!
Attirez le gai venin
Des liserons;
Mangez les cailloux qu'un pauvre brise,
Les vieilles pierres d'eglises,
Les galets, fils des deluges,
Pains couches aux vallees grises!
Des faims, c'est les bouts d'air noir;
L'azur sonneur;
--C'est l'estomac qui me tire,
C'est le malheur.
Sur terre ont paru les feuilles:
Je vais aux chairs de fruit blettes,
Au sein du sillon je cueille
La doucette et la violette.
Ma faim, Anne, Anne!
Fuis sur ton ane.
Aout 1872.
PROSE
I
FLAIRY
Pour Helene se conjurerent les seves ornementales dans les ombres
vierges et les clartes impassibles dans le silence astral. L'ardeur de
l'ete fut confiee a des oiseaux muets et l'indolence requise a une
barque de deuils sans prix par des anses d'amours morts et de parfums
affaisses.
Apres le moment de l'air des bucheronnes a la rumeur du torrent sous la
ruine des bois, de la sonnerie des bestiaux a l'echo des vals, et des
cris des steppes.
Pour l'enfance d'Helene frissonnerent les fourres et les ombres, et le
sein des pauvres, et les legendes du ciel.
Et ses yeux et sa danse superieurs encore aux eclats precieux, aux
influences froides, au plaisir du decor et de l'heure uniques.
II
GUERRE
Enfant, certains ciels ont affine mon optique, tous les caracteres
nuancerent ma physionomie. Les phenomenes s'emurent.