Puis tu te
sentiras
la joue egratignee.
Rimbaud - Poesie Completes
.
.
Un schako surgit, comme un soleil noir. . . --Au centre
Boquillon, rouge et bleu, tres naif, sur son ventre
Se dresse, et,--presentant ses derrieres: <<De quoi? . . . >>
Octobre 1870.
REVE POUR L'HIVER
_A Elle. _
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosites hargneuses, populace
De demons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue egratignee. . .
Un petit baiser, comme une folle araignee,
Te courra par le cou. . .
Et tu me diras: <<Cherche! >> en inclinant la tete;
--Et nous prendons du temps a trouver cette bete!
--Qui voyage beaucoup. . .
En wagon, le 7 octobre 1870.
LE BUFFET
C'est un large buffet sculpte; le chene sombre,
Tres vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants;
Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles fletries,
De fichus de grand'mere ou sont peints des griffons;
--C'est la qu'on trouverait les medaillons, les meches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs seches
Dont le parfum se mele a des parfums de fruits.
--O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grands portes noires.
Octobre 1870.
MA BOHEME
(_Fantaisie_)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevees;
Mon paletot aussi devenait ideal;
J'allais sous le ciel, Muse!
Un schako surgit, comme un soleil noir. . . --Au centre
Boquillon, rouge et bleu, tres naif, sur son ventre
Se dresse, et,--presentant ses derrieres: <<De quoi? . . . >>
Octobre 1870.
REVE POUR L'HIVER
_A Elle. _
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosites hargneuses, populace
De demons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue egratignee. . .
Un petit baiser, comme une folle araignee,
Te courra par le cou. . .
Et tu me diras: <<Cherche! >> en inclinant la tete;
--Et nous prendons du temps a trouver cette bete!
--Qui voyage beaucoup. . .
En wagon, le 7 octobre 1870.
LE BUFFET
C'est un large buffet sculpte; le chene sombre,
Tres vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants;
Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles fletries,
De fichus de grand'mere ou sont peints des griffons;
--C'est la qu'on trouverait les medaillons, les meches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs seches
Dont le parfum se mele a des parfums de fruits.
--O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grands portes noires.
Octobre 1870.
MA BOHEME
(_Fantaisie_)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevees;
Mon paletot aussi devenait ideal;
J'allais sous le ciel, Muse!