La premiere
theologie
de l'homme lui fit d'abord craindre at adorer les
elements meme, des objets materiels at grossiers; il randit ensuite ses
hommages a des agents presidant aux elements, a des genies inferieurs, a
des heros, ou a des hommes doues de grandes qualites.
elements meme, des objets materiels at grossiers; il randit ensuite ses
hommages a des agents presidant aux elements, a des genies inferieurs, a
des heros, ou a des hommes doues de grandes qualites.
Shelley
Every reflecting mind
must acknowledge that there is no proof of the existence of a Deity.
God is an hypothesis, and, as such, stands in need of proof: the onus
probandi rests on the theist. Sir Isaac Newton says: Hypotheses non
fingo, quicquid enim ex phaenomenis non deducitur hypothesis vocanda
est, et hypothesis vel metaphysicae, vel physicae, vel qualitatum
occultarum, seu mechanicae, in philosophia locum non habent. To all
proofs of the existence of a creative God apply this valuable rule. We
see a variety of bodies possessing a variety of powers: we merely know
their effects; we are in a state of ignorance with respect to their
essences and causes. These Newton calls the phenomena of things; but the
pride of philosophy is unwilling to admit its ignorance of their causes.
From the phenomena, which are the objects of our senses, we attempt to
infer a cause, which we call God, and gratuitously endow it with all
negative and contradictory qualities. From this hypothesis we invent
this general name, to conceal our ignorance of causes and essences. The
being called God by no means answers with the conditions prescribed by
Newton; it bears every mark of a veil woven by philosophical conceit, to
hide the ignorance of philosophers even from themselves. They borrow the
threads of its texture from the anthropomorphism of the vulgar. Words
have been used by sophists for the same purposes, from the occult
qualities of the peripatetics to the effluvium of Boyle and the
crinities or nebulae of Herschel. God is represented as infinite,
eternal, incomprehensible; He is contained under every predicate in non
that the logic of ignorance could fabricate. Even His worshippers allow
that it is impossible to form any idea of Him: they exclaim with the
French poet,
Pour dire ce qu'il est, il faut etre lui-meme.
Lord Bacon says that atheism leaves to man reason, philosophy, natural
piety, laws, reputation, and everything that can serve to conduct him to
virtue; but superstition destroys all these, and erects itself into a
tyranny over the understandings of men: hence atheism never disturbs the
government, but renders man more clear-sighted, since he seas nothing
beyond the boundaries of the present life. --Bacon's "Moral Essays".
La premiere theologie de l'homme lui fit d'abord craindre at adorer les
elements meme, des objets materiels at grossiers; il randit ensuite ses
hommages a des agents presidant aux elements, a des genies inferieurs, a
des heros, ou a des hommes doues de grandes qualites. A force de
reflechir il crut simplifier les choses en soumettant la nature entiere
a un seul agent, a un esprit, a una ame universelle, qui mettait cette
nature et ses parties en mouvement. En remontant de causes en causes,
les mortels ont fini par ne rien voir; at c'est dans cette obscurite
qu'ils ont place leur Dieu; c'est dans cat abime tenebreux que leur
imagination inquiete travaille toujours a se fabriquer des chimeres, qui
les affligeront jusqu'a ce que la connaissance da la nature les detrompe
des fantomes qu'ils ont toujours si vainement adores.
Si nous voulons nous rendre compte de nos idees sur la Divinite, nous
serons obliges de convanir que, par le mot "Dieu", les hommes n'ont
jamais pu designer que la cause la plus cachee, la plus eloignee, la
plus inconnue des effets qu'ils voyaient: ils ne font usage de ce mot,
que lorsque le jeu des causes naturelles at connues cesse d'etre visible
pour eux; des qu'ils perdent le fil de ces causes, on des que leur
esprit ne peut plus en suivre la chaine, ils tranchent leur difficulte,
at terminent leurs recherches en appellant Dieu la derniere des causes,
c'est-a-dire celle qui est au-dela de toutes les causes qu'ils
connaissent; ainsi ils ne font qu'assigner une denomination vague a une
cause ignoree, a laquelle leur paresse ou les bornes de leurs
connaissances les forcent de s'arreter. Toutes les fois qu'on nous dit
que Dieu est l'auteur de quelque phenomene, cela signifie qu'on ignore
comment un tel phenomene a pu s'operer par le secours des forces ou des
causes que nous connaissons dans la nature. C'est ainsi que le commun
des hommes, dont l'ignorance est la partage, attribue a la Divinite non
seulement les effets inusites qui las frappent, mais encore les
evenemens les plus simples, dont les causes sont les plus faciles a
connaitre pour quiconque a pu les mediter. En un mot, l'homme a toujours
respecte les causes inconnues des effets surprenans, que son ignorance
l'empechait de demeler. Ce fut sur les debris de la nature que les
hommes eleverent le colosse imaginaire de la Divinite.
Si l'ignorance de la nature donna la naissance aux dieux, la
connaissance de la nature est faite pour les detruire. A mesure que
l'homme s'instruit, ses forces at ses ressources augmentent avec ses
lumieres; les sciences, les arts conservateurs, l'industrie, lui
fournissent des secours; l'experience le rassure ou lui procure des
moyens de resister aux efforts de bien des causes
qui cessent de l'alarmer des qu'il les a connues. En un mot, ses
terreurs se dissipent dans la meme proportion que son esprit s'eclaire.
L'homnme instruit cesse d'etre superstitieux.
Ce n'est jamais que sur parole que des peuples entiers adorent le Dieu
de leurs peres at de leurs pretres: l'autorite, la confiance, la
soumission, et l'habitude leur tiennent lieu de conviction et de
preuves; ils se prosternent et prient, parce que leurs peres leur out
appris a se prosterner at prier: mais pourquoi ceux-ci se sont-ils mis a
genoux? C'est que dans les temps eloignes leurs legislateurs et leurs
guides leur en ont fait un devoir. 'Adorez at croyez,' ont-ils dit, 'des
dieux que vous ne pouvez comprendre; rapportez-vous-en a notre sagesse
profonde; nous en savons plus que vous sur la divinite. ' Mais pourquoi
m'en rapporterais-je a vous?
must acknowledge that there is no proof of the existence of a Deity.
God is an hypothesis, and, as such, stands in need of proof: the onus
probandi rests on the theist. Sir Isaac Newton says: Hypotheses non
fingo, quicquid enim ex phaenomenis non deducitur hypothesis vocanda
est, et hypothesis vel metaphysicae, vel physicae, vel qualitatum
occultarum, seu mechanicae, in philosophia locum non habent. To all
proofs of the existence of a creative God apply this valuable rule. We
see a variety of bodies possessing a variety of powers: we merely know
their effects; we are in a state of ignorance with respect to their
essences and causes. These Newton calls the phenomena of things; but the
pride of philosophy is unwilling to admit its ignorance of their causes.
From the phenomena, which are the objects of our senses, we attempt to
infer a cause, which we call God, and gratuitously endow it with all
negative and contradictory qualities. From this hypothesis we invent
this general name, to conceal our ignorance of causes and essences. The
being called God by no means answers with the conditions prescribed by
Newton; it bears every mark of a veil woven by philosophical conceit, to
hide the ignorance of philosophers even from themselves. They borrow the
threads of its texture from the anthropomorphism of the vulgar. Words
have been used by sophists for the same purposes, from the occult
qualities of the peripatetics to the effluvium of Boyle and the
crinities or nebulae of Herschel. God is represented as infinite,
eternal, incomprehensible; He is contained under every predicate in non
that the logic of ignorance could fabricate. Even His worshippers allow
that it is impossible to form any idea of Him: they exclaim with the
French poet,
Pour dire ce qu'il est, il faut etre lui-meme.
Lord Bacon says that atheism leaves to man reason, philosophy, natural
piety, laws, reputation, and everything that can serve to conduct him to
virtue; but superstition destroys all these, and erects itself into a
tyranny over the understandings of men: hence atheism never disturbs the
government, but renders man more clear-sighted, since he seas nothing
beyond the boundaries of the present life. --Bacon's "Moral Essays".
La premiere theologie de l'homme lui fit d'abord craindre at adorer les
elements meme, des objets materiels at grossiers; il randit ensuite ses
hommages a des agents presidant aux elements, a des genies inferieurs, a
des heros, ou a des hommes doues de grandes qualites. A force de
reflechir il crut simplifier les choses en soumettant la nature entiere
a un seul agent, a un esprit, a una ame universelle, qui mettait cette
nature et ses parties en mouvement. En remontant de causes en causes,
les mortels ont fini par ne rien voir; at c'est dans cette obscurite
qu'ils ont place leur Dieu; c'est dans cat abime tenebreux que leur
imagination inquiete travaille toujours a se fabriquer des chimeres, qui
les affligeront jusqu'a ce que la connaissance da la nature les detrompe
des fantomes qu'ils ont toujours si vainement adores.
Si nous voulons nous rendre compte de nos idees sur la Divinite, nous
serons obliges de convanir que, par le mot "Dieu", les hommes n'ont
jamais pu designer que la cause la plus cachee, la plus eloignee, la
plus inconnue des effets qu'ils voyaient: ils ne font usage de ce mot,
que lorsque le jeu des causes naturelles at connues cesse d'etre visible
pour eux; des qu'ils perdent le fil de ces causes, on des que leur
esprit ne peut plus en suivre la chaine, ils tranchent leur difficulte,
at terminent leurs recherches en appellant Dieu la derniere des causes,
c'est-a-dire celle qui est au-dela de toutes les causes qu'ils
connaissent; ainsi ils ne font qu'assigner une denomination vague a une
cause ignoree, a laquelle leur paresse ou les bornes de leurs
connaissances les forcent de s'arreter. Toutes les fois qu'on nous dit
que Dieu est l'auteur de quelque phenomene, cela signifie qu'on ignore
comment un tel phenomene a pu s'operer par le secours des forces ou des
causes que nous connaissons dans la nature. C'est ainsi que le commun
des hommes, dont l'ignorance est la partage, attribue a la Divinite non
seulement les effets inusites qui las frappent, mais encore les
evenemens les plus simples, dont les causes sont les plus faciles a
connaitre pour quiconque a pu les mediter. En un mot, l'homme a toujours
respecte les causes inconnues des effets surprenans, que son ignorance
l'empechait de demeler. Ce fut sur les debris de la nature que les
hommes eleverent le colosse imaginaire de la Divinite.
Si l'ignorance de la nature donna la naissance aux dieux, la
connaissance de la nature est faite pour les detruire. A mesure que
l'homme s'instruit, ses forces at ses ressources augmentent avec ses
lumieres; les sciences, les arts conservateurs, l'industrie, lui
fournissent des secours; l'experience le rassure ou lui procure des
moyens de resister aux efforts de bien des causes
qui cessent de l'alarmer des qu'il les a connues. En un mot, ses
terreurs se dissipent dans la meme proportion que son esprit s'eclaire.
L'homnme instruit cesse d'etre superstitieux.
Ce n'est jamais que sur parole que des peuples entiers adorent le Dieu
de leurs peres at de leurs pretres: l'autorite, la confiance, la
soumission, et l'habitude leur tiennent lieu de conviction et de
preuves; ils se prosternent et prient, parce que leurs peres leur out
appris a se prosterner at prier: mais pourquoi ceux-ci se sont-ils mis a
genoux? C'est que dans les temps eloignes leurs legislateurs et leurs
guides leur en ont fait un devoir. 'Adorez at croyez,' ont-ils dit, 'des
dieux que vous ne pouvez comprendre; rapportez-vous-en a notre sagesse
profonde; nous en savons plus que vous sur la divinite. ' Mais pourquoi
m'en rapporterais-je a vous?